JUNGLE URBAINE, 2017



Fresque murale, œuvre réalisée par Amélie Blanc, Cecilia Galera, Camille Kirnidis, Sarah Kowalczewski, Lexane Laplace, dans le cadre du collectif LA JUNGLE pour le colloque "La méditerranée du futur". Exposition à la Villa Méditerranée à Marseille, du 21 au 30 novembre 2017.






Comment donner à voir la ville de demain ? Comment imaginer la « méditerranée du futur » ? Nous avons délimité, dans l’espace d’un mur blanc, un cadre qui ouvrait un lieu de création collectif dans lequel il s’agissait de confronter et d’entremêler nos propositions plastiques au moyen de la technique du collage. Un cadre où nous avons réuni nos images dans un présent et qui ouvrait d’autre part le lieu d’une recherche, dont la forme finale appelait l’idée d’un futur. Nous l’avons imaginé comme l’espace-temps d’un paysage fictif : un paysage composite, recomposé et à composer, dans lequel l’espace urbain médian se trouve enveloppé, bercé par l’abondance d’une végétation à la fois spontanée, contrôlée ou diminuée. Ici elle est sauvage, là elle sort du pot, ailleurs elle se devine derrière une vitrine; domptée pour habiter et habiller l’espace. Un paysage métaphorique où la verdure deviendrait l’élément commun au centre et à la périphérie des villes.

Il était essentiel de penser ce territoire à l’image d’une biodiversité faite de géographies distinctes, qui se confrontent et tendent à se confondre : rejouer la symbolique du milieu végétal dans le contexte urbain, tous deux empreints de diversité jamais figés, toujours en expansion. Cette jungle n’est pas l’esquisse d’un abandon mais plutôt celle d’un renouvellement de et dans l’urbain comme la promesse d’une prolifération, d’une circulation, d’une respiration et d’un fourmillement. Il était nécessaire pour nous de concevoir une forme artistique qui interagisse avec l’architecture in situ. Ainsi le geste de la découpe nous permettait de faire résonner la matérialité du papier avec celle de l’endroit; la fragmentation, la juxtaposition et la superposition révèlent un ensemble hétérogène, non pas hermétique mais poreux, pouvant faire écho aux marqueurs singuliers de ce quartier marseillais. Enfin, nous tenions à ce que le collage dessine les contours d’une cartographie imaginaire : un espace laissé vierge comme un espace de liberté qui souhaiterait inviter les spectateurs à s’y projeter pour se l’approprier.